Maroc – GADEM – Lancement de la campagne d’alerte #CoûtsEtBlessures

Lancement de la campagne d’alerte #CoûtsEtBlessures

Rabat 21.09.2018

Le GADEM lance aujourd’hui la campagne d’alerte #CoûtsEtBlessures afin de rendre visible les violations commises à l’encontre des populations noires non ressortissantes marocaines[1] depuis juin 2018.

Le but de la campagne #CoûtsEtBlessures est de faire un travail de monitoring et de suivre, autant sur le terrain qu’au niveau institutionnel marocain et européen, l’évolution de la situation depuis juin 2018 jusqu’à la Conférence internationale sur les migrations (CIM 2018) qui se tiendra à Marrakech les 10 et 11 décembre 2018. Dans le cadre de cette campagne, le GADEM s’attèlera également à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort des deux hommes, l’un originaire du Mali (16 ans) et l’autre de Gambie, lors d’une opération des forces de l’ordre.

Prochaine étape de la campagne : le GADEM publiera le 25 septembre prochain son nouveau rapport intitulé « Coûts et blessures – Rapport sur les opérations des forces de l’ordre menées dans le nord du Maroc entre juillet et septembre 2018 – Éléments factuels et analyse ».
Le rapport « Coûts et blessures » dresse un état des lieux des événements violents qui ont marqué la période allant de juillet à septembre 2018, en se concentrant spécifiquement sur les opérations des forces de l’ordre menées sur Tanger à l’encontre des populations noires non ressortissantes marocaines. Le rapport propose une analyse des motivations et des implications de ces opérations au regard d’un contexte plus général, notamment dans le cadre de la coopération du Maroc avec l’Espagne et l’Union européenne (UE).

Depuis juin 2018, des opérations des forces de l’ordre sont régulièrement menées dans le nord du Maroc, principalement aux abords des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, à Tanger, Tétouan, Nador, Oujda et aux alentours de ces villes. Le but de ces opérations est d’éloigner le plus loin possible des zones frontalières toutes les personnes noires non ressortissantes marocaines. Même si ces opérations n’ont, en soi, rien de nouveau, elles se distinguent des autres par le nombre important de personnes arrêtées – 6 500 personnes répertoriées par le GADEM principalement au cours du mois d’août 2018 et sur Tanger, par les violences qui accompagnent ces opérations – 2 personnes décédées au cours de ces opérations dont 1 mineur, et par les arrestations d’un grand nombre de mineur-e-s, de bébés (121 recensé-e-s par le GADEM dont 17 bébés) et de femmes enceintes (21 selon les témoignages recueillis). Ces opérations ne se sont pas arrêtées depuis la finalisation du rapport. Hier, le 20 septembre 2018, des témoignages rapportent de nombreuses arrestations de personnes sur Tanger. Elles seraient toutes rassemblées dans « le grand stade ».

Des personnes sur place témoignent de la présence de représentant-e-s consulaires qui sont venu-e-s identifier leurs ressortissant-e-s en vue d’« un truc de déportation […] c’est maintenant notre gouvernement qui doit décider si on doit faire rentrer ou pas ».

Pour toute information : contact@gadem-asso.org

[1] Le GADEM a fait le choix d’utiliser le terme « personnes noires non ressortissantes marocaines » pour insister sur le fait que ces arrestations et déplacements forcés visent uniquement des personnes étrangères sur la base de leur couleur de peau.

Algérie : une chasse aux personnes migrantes détestable

Communiqué de presse – FIDH – Collectif Loujna-Tounkaranké

Alors que le pays n’a jamais défini de politique migratoire claire, discriminations et expulsions se multiplient de manière alarmante.
Début octobre 2017, plusieurs sources ont fait état d’une nouvelle vague d’arrestations de 500 ressortissants du Niger, Mali, Cameroun ou encore de la Côte d’Ivoire1. Selon ces sources, certaines de ces personnes disposeraient même d’un droit au séjour2 ou seraient reconnues réfugiées sous mandat HCR. Elles auraient été enfermées au camp de Zéralda, à l’ouest d’Alger, dans des conditions très précaires3 puis transférées à Tamanrasset, dans le Sud du pays avant d’être abandonnées dans le désert.

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34 personnes bloquées entre Maroc et Algérie

Les autorités marocaines ont repris le renvoi de personnes non ressortissantes marocaines noires vers la frontière avec l’Algérie.

34 personnes de nationalités camerounaise, guinéenne, ivoirienne, malienne et sénégalaise, arrêtées et refoulées entre le 2 et le 10 mars 2017, sont bloquées dans le no man’s land entre le Maroc et l’Algérie.

« Nous ne pouvons aller ni d’un côté ni de l’autre. Nous sommes coincés sans eau et nourriture »

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Le laissez-passer européen, un pas supplémentaire vers l’expulsion à tout prix

Alors que des hauts fonctionnaires africains et européens se réunissent à Malte les 8/9 février 2017 à mi-parcours du processus de la Valette, l’Union européenne fait un pas de plus pour restreindre la mobilité des personnes migrantes et imposer sa loi aux pays d’où viennent la majorité d’entre elles, sous la forme du « laissez-passer européen », adopté sans bruit en octobre 2016.

Le plan d’action lancé à La Valette en novembre 2015 par l’UE, ses Etats membres et 35 Etats africains vise à « lutter contre l’immigration irrégulière, le trafic d’êtres humains et les causes profondes de la migration forcée ». Actuellement en cours d’évaluation, il s’appuie sur la « coopération extérieure » pour obtenir la signature, par des Etats « tiers », d’accords de réadmission destinés à expulser plus facilement les personnes migrantes.

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Déclaration conjointe, Malte, le 11 et 12 novembre 2015

Les droits humains au cœur des politiques migratoires Adresse urgente aux leaders européens et africains

Les 11 et 12 novembre 2015, les leaders européens et africains (pays associés au Processus de Rabat et au Processus de Khartoum) se réuniront à Malte pour aborder les questions de coopération dans le domaine migratoire.

Ce processus politique s’opère sans une prise en compte des recommandations des organisations de la société civile, laissée en marge de la tenue du sommet de Malte et de la mise en place des politiques migratoires, en dépit de ses impacts sur les vies, les droits fondamentaux et la mobilité d’hommes, de femmes et d’enfants.

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Déclaration conjointe, Rabat, le 7 octobre 2015

Dix ans de violences aux frontières sud de l’Union européenne. L’impunité autour de l’externalisation des politiques de « gestion » des migrations doit cesser.

Dix années après les évènements meurtriers aux frontières de Ceuta et Melilla, en octobre 2005, les organisations de la société civile constatent une impunité des actes de violence commis sur les candidat-e-s à l’immigration vers l’Europe à la frontière nord marocaine, frontière sud de l’Europe.

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